Quand secourus et sauveteurs se rencontrent...

publié le 19 octobre 2012 (modifié le 26 octobre 2012)

Nous évoquions dans ce site le 13 octobre dernier les conditions dans lesquelles les 2 occupants d’un catamaran de sport avaient été secourus au large du port artificiel d’Arromanches (voir article).

Ces deux plaisanciers, pratiquants chevronnés et sportifs aguerris, ont tenu à saluer personnellement l’ensemble des acteurs de leur sauvetage : le sémaphore de Port-en-Bessin, qui a repéré l’embarcation retournée, le patrouilleur de la gendarmerie maritime et l’hélicoptère de service public, qui les ont secourus, et le CROSS, qui a dirigé l’ensemble de ces opérations.
Initiative appréciée par tous. Merci à vous.

Venu jusqu’à Jobourg dans l’après-midi du 18 octobre, après avoir rencontré l’équipage du Dauphin à Maupertus, Monsieur Christophe T. a ainsi pu analyser son expérience et en dresser le bilan avec l’équipe de quart et plusieurs officiers du CROSS, dont celui qui avait dirigé les opérations samedi.

Plusieurs facteurs favorables ont contribué à l’issue heureuse de cet incident.

Les deux amis étaient expérimentés et surtout bien équipés : combinaison néoprène épaisse, avec chaussons, gants, bonnet ET gilet conférant une flottabilité complémentaire.
Christophe a passé près d’une heure dans l’eau, loin du catamaran que son coéquipier ne pouvait redresser seul, mais il n’a jamais souffert du froid.

Il faut dire qu’il avait retenu les leçons apprises il y a près de 30 ans, à l’occasion de son service national, ou plutôt, comme il le décrit "tous les conseils de survie dispensés alors sont tout naturellement remontés à la surface : ne pas nager, économiser l’énergie, privilégier une posture limitant les déperditions thermiques..." Christophe a appliqué tous ces principes à la lettre, avec bonheur.

Le troisième point essentiel fut sa capacité à ne pas céder à la panique, même seul, à plus d’un mille au large et dans des creux de près de 2 mètres : "je flotte, je n’ai pas froid, la nuit ne tombe que dans 3 heures, et mon équipier sait que je suis quelque part par là. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter !"
Christophe envisage simplement la future renverse de courant qui le rapprochera de la côte, tôt ou tard.
Ce faisant, il a préservé l’essentiel : l’énergie d’attendre et une position de dérive (qui facilite les recherches par le CROSS puisque les calculs ne sont ainsi pas faussés par des déplacements du naufragé).

Toutefois, même si tout s’est bien passé ici, Christophe a tiré d’autres enseignements de sa mésaventure : il ne sortira plus en mer sans ajouter à son équipement des moyens individuels de signalement (lampe à éclat, baton de cyalume ou feu à main...). Autant d’éléments peu coûteux ni encombrants mais d’une redoutable efficacité en cas de recherches.
Il a également d’ores et déjà investi dans un téléphone portable étanche, un modèle simple, sans écran tactile, sans "applis" en pagaille, juste un téléphone qui résiste à l’eau et qui peu mémoriser le 02 33 52 16 16... au cas où.

Un sourire qui fait plaisir : celui de Christophe (ici en passerelle du CROSS Jobourg en compagnie du directeur)