Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  EXERCICE CDG
Les Opérations de Sauvetage
 

Inquiétude pour un fileyeur en Manche centrale

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 7 décembre 2012
Nom : Inquiétude pour un fileyeur en Manche centrale
Date : 7/12/2012

Le 7 décembre peu avant 16H15 (heure locale), le CROSS GRIS-NEZ retransmet au CROSS JOBOURG la détection du signal d’une balise de détresse correspondant au navire de pêche COLIBRI.
La position donnée par la balise situe l’événement au beau milieu de la Manche, aux confins des zones de responsabilité de JOBOURG et de CORSEN (à 90 km au nord de Morlaix).

Toutefois, le COLIBRI étant désarmé depuis près de 10 ans, de plus amples investigations sont nécessaires au CROSS avant de pouvoir déterminer que la balise concernée avait été embarquée à bord du AT FYL, nouveau navire exploité par l’armateur du COLIBRI.
Avec le concours du CROSS CORSEN, dont les émetteurs sont plus proches de la zone, toutes les voies de communications du Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer (SMDSM) sont alors mises en oeuvre pour relayer un message de détresse (MAYDAY RELAY) et tenter de contacter ce navire : radio-téléphonie, appels sélectifs numériques (ASN) et liaisons satellitaires.

En l’absence de toute réponse de l’AT FYL, et constatant que sa balise de surveillance des pêches n’émet plus, le CROSS Jobourg décide immédiatement d’envoyer sur zone un hélicoptère lourd de la marine nationale de la base de Lanvéoc ainsi que l’avion de recherches AIR SEARCH ONE de Guernesey.
Plusieurs navires de commerce se trouvant à proximité sont également associés au dispositif.

Dans des conditions météorologiques difficiles (près de 40 noeuds de vent, soit 70 km/h, et une mer agitée à forte), l’hélicoptère rejoint le fileyeur de Morlaix environ 45 mn après avoir décollé. L’AT FYL navigue normalement et les 4 marins qui se trouvent à bord ne rencontrent aucun problème particulier.
Quelques vérifications plus tard, la balise, qui s’était déclenchée intempestivement, est stoppée et le CROSS peut donner liberté de manoeuvre à l’ensemble des moyens engagés.

Cet incident, qui se termine heureusement avec plus de peur que de mal, rappelle l’importance d’une bonne tenue à jour des enregistrements des balises. Il en est ainsi même lorsque des "échanges" sont effectués pour des périodes très courtes (révision de la balise principale par exemple). Il suffit alors de le signaler au CROSS qui saura tenir compte de cette modification temporaire.

Par ailleurs, la notion de "réseau" des centres de coordination du sauvetage maritime est ici nettement mise en évidence. Pas moins de 4 CROSS ont en effet été appelés à participer au traitement de cette opération dirigée par le CROSS JOBOURG  :
- le CROSS GRIS-NEZ est le centre focal pour l’ensemble des balises de détresse des navires français, quelle que soit leur position. C’est lui qui a donc exploité le premier signal perçu par les satellites avant de le transmettre à JOBOURG
- le CROSS ETEL, centre national de surveillance des pêches, a permis d’affiner les éléments de positionnement de l’AT FYL à partir des systèmes de suivi spécifiques dont il dispose pour cette mission de police
- le CROSS CORSEN a effectué des diffusions et établi des contacts radio au profit de JOBOURG, facilitant ainsi la conduite de l’opération.

Sont également intervenus en soutien les centres des opérations maritimes de Cherbourg et de Brest, ainsi que les garde-côtes de Guernsey, respectivement pour la mise en oeuvre de l’hélicoptère de la marine et de l’avion de recherches maritimes Air search One.

Vue aérienne du CROSS Jobourg
AIR SEARCH ONE de Guernsey
EC 225 de la marine nationale