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Les Opérations de Sauvetage
 

Homme à la mer de nuit dans le Raz Blanchard

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publié le 16 octobre 2018

Zone de l’opération

A bord de son voilier "Entropie" de 12 m, le skipper solitaire, bon marin, avait déjà effectué de nombreux transits par le Raz-Blanchard, bien connu pour ses forts courants et ses vagues désordonnées et imprévisibles.

Son GPS et son radar sont censés l’alerter de l’approche de tout danger mais cela ne l’empêche pas, lors d’une traversée le 15 octobre, alors qu’il fait nuit, d’être drossé à la côte et de s’échouer sur les rochers de l’île anglo-normande d’Aurigny qui borde le Raz Blanchard par l’est. S’estimant en danger à bord de son navire échoué dans les rochers et malmené par le courant, il décide d’évacuer sur son radeau de sauvetage.

C’est notamment grâce à son équipement de sécurité qu’il pourra être sauvé. A 23h40, le CROSS Jobourg reçoit le signal de détresse envoyé par sa radio-balise de localisation des sinistres, détecté par le système satellite COSPAS SARSAT. Le CROSS a ainsi immédiatement connaissance d’une position approximative, dans l’ouest du Raz Blanchard. Malgré les faibles coefficients de marée, un important courant de 3 noeuds balaie le Raz Blanchard vers le Nord.

Immédiatement le CROSS tente de le contacter par radio et téléphone mais sans aucune réponse. Le CROSS lance alors dans la foulée un appel de détresse Mayday Relay à destination de tous les navires dans la zone. Les chasseurs de mines CEPHEE et CROIX DU SUD, en transit à plusieurs milles (une dizaine de kilomètres) y répondent et sont engagés par le CROSS pour les recherches.

Le CROSS déclenche dans le même temps le canot de sauvetage tous-temps de la station SNSM de Goury qui appareille rapidement, et l’hélicoptère Caïman de la Marine nationale basé à Maupertus.

La balise de détresse émet toujours, notamment un signal de guidage qui donne des indices pour orienter les recherches en cours par moyens nautiques mais sa position supposée doit être interprêtée avec précaution car elle est probablement en dérive et le navire, ou le radeau de sauvetage ou l’homme à la mer recherchés ne sont pas forcément à proximité immédiate.

A 00h42, des tirs de fusée de détresse au raz de l’eau sont repérés très proches de la côte d’Aurigny par la CROIX DU SUD,. La Mona Rigolet, de la SNSM de Goury, malgré la proximité dangeureuse des rochers, cherche à rejoindre la personne en détresse, guidée à la radio par la CROIX DU SUD qui arrive à suivre la position de ce qui semble être une embarcation.

L’hélicoptère de la Marine Cyclone Rescue rejoint alors les recherches à ce moment-là. Dans la nuit, il repère rapidement un voilier échoué à la côte et investigue sur la coque en piteux état avec son plongeur : personne à bord. Reprenant les recherches, il trouve non loin des navires en recherche un radeau de sauvetage à la dérive qui se révèle également vide. Il réussit finalement à retrouver l’homme, qui était tombé de son radeau et était à la mer.

Treuillage du skipper (photo marine nationale)

Après l’avoir récupéré par treuillage, Cyclone Rescue évacue la victime à Cherbourg, où elle est prise en charge par les pompiers du CODIS 50. Les pompiers l’acheminent vers centre hospitalier de Cherbourg pour une prise en charge médicale.

Les conditions météo n’étaient pas particulièrement hostiles. Malgré son expérience et son bon équipement de navigation, un skipper solitaire reste en danger quand il navigue de nuit dans une zone comme le Raz Blanchard. Son sauvetage a réussi en partie par chance, grâce à la présence inopinée de navires de la Marine nationale non loin de là, qui ont été un maillon essentiel pour le localiser précisément, et pour le reste grâce à l’intervention rapide des moyens de sauvetage.

Epave du voilier Entropie (photo Alderney Coastguard)